Mardi 24 novembre 1914 (109° jour)

Au petit jour un groupe du 49° vient s’installer, replacer près de nous à notre ancienne position. Il pleut légèrement. On ne tire pas. Les 77 arrivent toujours et la journée se passe (sous terre dans notre abri où flambe un poêle fait d’une boite de fer blanc et d’une fourche en guise de grille). Comme d’habitude lignes coupées et petite promenade matinale.
Le soir à la tombée de la nuit nous recevons de tous côtés des 77 qui balayent la maison et éclatent heureusement sans blesser personne. Le soir grande canonnade et je me couche après une longue veille (occupé à mettre mon journal de campagne à jour).

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Lundi 23 novembre 1914 (108° jour)

Pas de changement à signaler. Un temps qui sent la neige.
On tire un peu dans la matinée. Je pars avec camarade BURGUIERE en petite excursion habituelle et on revient tranquillement pour la soupe. des bruits de départ courent (décision de fantassins). Les Allemands tirent quelques fusants. L’un tombe à quelques centaines de mètres de nous sur une ferme qui flambe aussitôt comme une torche. Dans la soirée rafale de 77 et de 105 tombent sur la ferme et les alentours. On s’abrite. Aucun dégât. La nuit est calme.
Le froid diminue. Il dégèle. (Retour avec BURGUIERE d’un véritable bric à brac) (long courrier).

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Dimanche 22 novembre 1914 (107° jour)

Le temps est le même. Aube rouge, froid vif. On creuse de nouvelles tranchées et entre camarade nous fumons quelques cigarettes (de PARIS) et goûtons un peu au chocolat et pastilles.
Installation dans la cave, du sous officier, le seul coin laissé généreusement à leur entière jouissance. On dort très chaudement, les bras ankylosés empilés comme des harengs après une veillée de quelques heures avec café au rhum et boissons chaudes.

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Samedi 21 novembre 1914 (106° jour)

La nuit est presque calme. Il fait le même temps froid, beau et sec. On commence très bien à s’y habituer.
Réussite sensationnelle les maréchaux des logis BOILEAU et FABIANI descendent un aéroplane qui va s’effondrer sur les Boches. Le colonel donne 20 frs pour boire le champagne mais comme il n’y a ici que de l’eau la bombe est remise.

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Vendredi 20 novembre 1914 (105° jour)

Le temps est clair. La neige a gelé. Le sol est dur. Plus de boue. Les aéroplanes passent. On en tire plusieurs.
Les appels à 7 heures recommencent (sans commentaire).
Nous recevons beaucoup moins que les premiers jours. Nous envoyons beaucoup par contre. Le soir on se réunit autour du feu comme d’habitude. On cause, on fume et on se couche dans un vrai bois de lit avec de la paille dedans et dame avec un peu de puissance d’illusion.

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Jeudi 19 novembre 1914 (104° jour)

On tire beaucoup plus et les Allemands beaucoup moins.
Le temps se couvre et se refroidit. Il va neiger. Le soir il y en a une mince couche. On se serre autour du feu. On se couche de bonne heure. La nuit est calme relativement.

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Mercredi 18 novembre 1914 (103° jour)

Le temps est beau et clair. Il a gelé. La boue s’est durcie heureusement, chic temps pour les avions et pour courir les lignes. Un 1° passe à 9 heures et lance des fusées. On se cache. Et toute la journée le défilé continue provoquant le même geste. Nouvelle veillée dans la ferme autour du feu où l’on a beaucoup de mal à s’approcher.
Toute la nuit les marmites tombent autour et aux environs de la maison.

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Mardi 17 novembre 1914 (102° jour)

On a couché dans les maisons avoisinantes. Il a fait froid, il a plu, le canon nous a réveillé à chaque heure de la nuit. des balles de shrapnels tombaient sur le toit.
Des cochons qui croyaient au droit du 1° occupant nous disputaient âprement leur place. L’aube était rouge et le temps clair quand nous sommes sortis on a trait une chèvre perdue pour boire son lait et on a repris les occupations de la veille. On mange les cochons qui se promènent un peu partout pour les empêcher de mourir de faim. il passe beaucoup d’aéroplanes. Les coups de canon se croisent en tous sens au-dessus de nos têtes, nous obligeant à nous abriter et nous terrer dans les tranchées. Toute la journée c’est un fracas terrible où le soir prédominent très nettement les canons Français. A la nuit on se réunit autour de la cheminée (dans la ferme) et on se chauffe quelques heures causant et fumant. On couche dans la maison, les uns près du feu, les autres au grenier où le froid et la fusillade et la canonnade ne nous empêchent pas de dormir jusqu’au jour, où le froid nous réveille.

Shrapnel

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Lundi 16 novembre 1914 (101° jour)

On est derrière le village de ZONNEBEKE. Dès le matin, on commence à s’installer. On arrange des tranchées déjà à demi-creusées. On y met du bois et de la paille pour atténuer l’humidité. Les Allemands arrosent le pays de shrapnels et de marmites. On en reçoit sans cesser le travail. Le ciel est clair mais il fait toujours froid et très humide. Des fantassins, des cuirassiers passent couverts de boue jusqu’aux genoux. Un aéroplane Anglais lutte contre le vent sans pouvoir s’élever. Le soir nous nous réunissons à la 9° pour saluer les tombes de nos 2 camarades mort la veille dans ce champ détrempé de BELGIQUE (GUICHARD et …….).

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Dimanche 15 novembre 1914 (100° jour) BELGIQUE

J’ai oublier de mentionner que nous étions en BELGIQUE.
La guerre ne doit pas être venue par là. On part à 8 heures. Il neige, un temps triste. On traverse de petit village sensiblement pareils à ceux de la veille, avec leurs petits volets verts et leurs maisons basses. Beaucoup d’Anglais.
On traverse POPERINGE, une jolie petite ville qui n’a pas souffert et on s’arrête vers midi près d’une ferme pour faire boire. Il pleut. Nous sommes trempés. Il fait froid.
La route est un lai de boue pour des autobus automobiles à croix rouge ou d’artillerie passent sans discontinuer.
Le long de la route des bivouacs abandonnés, des chevaux morts. Toujours la pluie. A 4 heures on arrive à YPRES, bien abimée. Dans les rues d’énormes trous circulaires de marmites.
L’église, un petit chef d’oeuvre a reçu aussi. La route est de plus en plus encombrée, boueuse et noire. On forme le parc à deux ou trois kilomètres près d’un hôpital provisoire entouré de tombes fraîches. Il pleut toujours.
On part mettre en batterie vers 8 heures, pour relever une batterie Anglaise. Le canon tonne sans discontinuer en avant, a gauche et à droite. On arrive près de 2 ou 3 maisons entourées d’un lai de boue. C’est la plaie. Les Anglais s’en vont. 5 a 6 obus Allemands tombent sur nous avec fracas tuant ou blessant 5 hommes de la 9°.
Je prends la garde au poste, ce qui me permet de noter les impressions de cette journée terrible entre toute, la plus dure de celle que nous ayons traversé. Une fusillade terrible, des coups de canon.
Il est minuit, on s’endort quand même.

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