Archive pour décembre, 1914

Lundi 21 décembre 1914

De bonne heure 5 heures on a le réveil par DUMONT (le Bôche) qui ayant fait le jus vient nous sonner le tocsin.
Je me lève presque aussitôt. La pluie tombe légèrement pour la manoeuvre des cadres. Je prépare en vitesse quelques piles et matériel. Soleil pâle dure toute la journée. Signalisation pour les servants sous un ciel d’azur où voyagent les mages. Première partie d’équitation avec promenade des chevaux.

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Dimanche 20 décembre 1914

C’est dimanche belle journée le soleil se fait voir et notre coeur rayonne des beaux jours passés. Il est dit une messe pour les braves du 16° d’artillerie mort au champ d’honneur.
Promenade dans les bois (en corvée du bois de chauffage). L’on regagne le logis puis l’on s’endort comme de coutume d’un sommeil de plomb. La nuit DIDELOT et CORNAU rentrent un peu émus, rouspétance pour une bougie, puis ils s’endorment en père peinard.

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Samedi 19 décembre 1914

Pas de changement. Toujours le repos qui nous fait oublier la guerre. Le soir réunion des servants pour cours signalisation. Il pleut. On rejoint le cantonnement. Puis la soupe bien gagnée.
Sortie. Tandis que dehors le vent siffle, la pluie tombe. L’on dort d’un sommeil de plombs. Vers 4 heures, 2 aéroplanes sont poursuivis par des obus dont on ne peut juger la provenance.

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Jeudi 10 décembre 1914 (125° jour)

Nous ne bougeons pas. Le temps est couvert et l’on profite de ce repos pour continuer toilette et propreté des effets. ainsi s’achève la journée, occupé à écrire.

Tout mon travail consiste à embêter les gens et à pomper de l’eau en attendant que la soupe se prépare. sortie en ville.

L’on gagne la frontière et arrive à HASBROUCK vers 11 heures. Trouvons les Anglais près de l’église dont le clocher se dresse hautement vers le ciel. Un Bôche à lancé des bombes tuant ou blessant 15 personnes. Adieu BELGIQUE ses moulins, ses coquettes habitations et ses chers souvenirs que l’on conserve (chopes, ______). On nous a vêtu de neuf et déviation à BAILLEUL.

NDLR : Il est fort probable que ces 3 paragraphes aient été écrit à différents moments sans que la date ne soit mentionnée par l’auteur.

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Mercredi 9 décembre 1914 (124° jour)

Toujours en position et en repos. Les coqs chantent dans la grande basse-cour de la ferme. Revue par le commandant.
Nettoyage des effets et des armes et l’on passe la revue du bivouac, ce qui me rappelle un peu la « vie au quartier » un jour de revue.
Et l’on va se coucher vers 8 heures après de petits discours de chacun et l’on oublie facilement que l’on est encore en guerre. Seul le vent souffle au dehors et l’on s’endort mais réveillé de temps en temps par quelques camarades qui rentrent ou quelques rats qui nous rendent visite.

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Mardi 8 décembre 1914 (123° jour)

Réveil habituel. Café au lait. On est chez des gens aimables. Cuisine, toilette. Sortie en ville. L’on regagne la grange et l’on dort dans le foin. Au loin le train siffle. Le 33° d’artillerie a débarqué.

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Lundi 7 décembre 1914 (122° jour)

Embarqué. Le train démarre vers 3 heures et en route après un petit approvisionnement. L’on mange et l’on dort.
Au petit jour on est à BOULOGNE SUR MER. La plage est couverte par les vagues. Au loin la lueur du phare. Sur le rivage les maisons font face à l’océan, affrontant la tempête (2 jolis ponts dont leurs flancs sont fouettés par la mer démontée). ETAPLES le train s’arrête, on voit des fantassins, on traverse la SOMME, ABBEVILLE, LONG LE CARTEL, LONGRES, beaucoup d’étangs, la voie ferrée sur un canal, AILLY SUR SOMME et AMIENS où l’on nous offre le café. On traverse des tunnels. LONGUEAU beau château et des ruines. BOVES pris dans des gorges et la plaine. CHEZY à 12 heures 40 château, forêt, lac, marécages, des jardins.
Sur le flanc de la montagne MONTDIDIER (artillerie infanterie) TRICOT dont la flèche du clocher monte au ciel.
Son coq la queue en l’air ne se doute pas de la guerre. WACQUEMOULIN à 13 heures 40, MOYENNEVILLE, ESTREES SAINT DENIS. Le 92° débarque sous le soleil qui rayonne. A 14 heures 1/2 on arrive et débarque à REMY. Puis on gagne le village, on campe dans un champ derrière l’église et tout à côté du cimetière. On touche des vivres. Visite au pays.
Le vin que l’on a bu depuis quelques jours nous fait honneur. Puis dans une grange dans le foin on s’endort sans s’inquiéter des obus tandis que dans la nuit la pluie tombe.

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Dimanche 6 décembre 1914 (121° jour)

Toujours la même position dans le campement de bohémiens. Préparatifs de départ. Tout se prépare, les chevaux s’attèlent dans la boue grasse. Départ à 5 heures 1/2 et l’on s’engage sur la route pavée et dans la direction de POPERINGHE. Passage d’un train de blessés dans une marche très lente. Dans la ville et entre une allée d’arbre la colonne marche sous une pluie et neige, le vent nous coupe la figure. On arrive à ABELE petite ville agréable et l’on boit 3 gouttes et le café vers 6 heures 1/2.

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Samedi 5 décembre 1914 (120° jour)

De bonne heure la pluie succède au vent et notre campement est transformé en lac. Les chevaux battent l’eau tandis que les hommes s’abritent. Le 105° passe pour embarquer.
L’on entend au loin le canon qui gronde. La route est boueuse, les arbres ruissellent de l’averse passée.

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Vendredi 4 décembre 1914 (119° jour)

Souvenir de la fête des artilleurs. Vent violent. Un train siffle. Puis la pluie sous un vilain ciel d’hiver.
Au travers des fenêtres nos regards se portent et contemplent un fantastique brasier. des nuages d’étincelles s’échappent en tourbillonnant fort du brasier.
Les obus du KAISER et la sauvagerie de son armée s’acharnent sur YPRES. (ville martyre) est morte et la halle aux draps, la cathédrale SAINT-MARTIN ne sont plus que ruine. (adieu génie humain dans ces 2 chefs-d’oeuvre).
une violente canonnade retentit au loin. Puis l’on s’endort serré entre 2 copains, et l’on dort d’un sommeil de plomb.

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