Archive pour novembre, 1914

Vendredi 20 novembre 1914 (105° jour)

Le temps est clair. La neige a gelé. Le sol est dur. Plus de boue. Les aéroplanes passent. On en tire plusieurs.
Les appels à 7 heures recommencent (sans commentaire).
Nous recevons beaucoup moins que les premiers jours. Nous envoyons beaucoup par contre. Le soir on se réunit autour du feu comme d’habitude. On cause, on fume et on se couche dans un vrai bois de lit avec de la paille dedans et dame avec un peu de puissance d’illusion.

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Jeudi 19 novembre 1914 (104° jour)

On tire beaucoup plus et les Allemands beaucoup moins.
Le temps se couvre et se refroidit. Il va neiger. Le soir il y en a une mince couche. On se serre autour du feu. On se couche de bonne heure. La nuit est calme relativement.

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Mercredi 18 novembre 1914 (103° jour)

Le temps est beau et clair. Il a gelé. La boue s’est durcie heureusement, chic temps pour les avions et pour courir les lignes. Un 1° passe à 9 heures et lance des fusées. On se cache. Et toute la journée le défilé continue provoquant le même geste. Nouvelle veillée dans la ferme autour du feu où l’on a beaucoup de mal à s’approcher.
Toute la nuit les marmites tombent autour et aux environs de la maison.

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Mardi 17 novembre 1914 (102° jour)

On a couché dans les maisons avoisinantes. Il a fait froid, il a plu, le canon nous a réveillé à chaque heure de la nuit. des balles de shrapnels tombaient sur le toit.
Des cochons qui croyaient au droit du 1° occupant nous disputaient âprement leur place. L’aube était rouge et le temps clair quand nous sommes sortis on a trait une chèvre perdue pour boire son lait et on a repris les occupations de la veille. On mange les cochons qui se promènent un peu partout pour les empêcher de mourir de faim. il passe beaucoup d’aéroplanes. Les coups de canon se croisent en tous sens au-dessus de nos têtes, nous obligeant à nous abriter et nous terrer dans les tranchées. Toute la journée c’est un fracas terrible où le soir prédominent très nettement les canons Français. A la nuit on se réunit autour de la cheminée (dans la ferme) et on se chauffe quelques heures causant et fumant. On couche dans la maison, les uns près du feu, les autres au grenier où le froid et la fusillade et la canonnade ne nous empêchent pas de dormir jusqu’au jour, où le froid nous réveille.

Shrapnel

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Lundi 16 novembre 1914 (101° jour)

On est derrière le village de ZONNEBEKE. Dès le matin, on commence à s’installer. On arrange des tranchées déjà à demi-creusées. On y met du bois et de la paille pour atténuer l’humidité. Les Allemands arrosent le pays de shrapnels et de marmites. On en reçoit sans cesser le travail. Le ciel est clair mais il fait toujours froid et très humide. Des fantassins, des cuirassiers passent couverts de boue jusqu’aux genoux. Un aéroplane Anglais lutte contre le vent sans pouvoir s’élever. Le soir nous nous réunissons à la 9° pour saluer les tombes de nos 2 camarades mort la veille dans ce champ détrempé de BELGIQUE (GUICHARD et …….).

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Dimanche 15 novembre 1914 (100° jour) BELGIQUE

J’ai oublier de mentionner que nous étions en BELGIQUE.
La guerre ne doit pas être venue par là. On part à 8 heures. Il neige, un temps triste. On traverse de petit village sensiblement pareils à ceux de la veille, avec leurs petits volets verts et leurs maisons basses. Beaucoup d’Anglais.
On traverse POPERINGE, une jolie petite ville qui n’a pas souffert et on s’arrête vers midi près d’une ferme pour faire boire. Il pleut. Nous sommes trempés. Il fait froid.
La route est un lai de boue pour des autobus automobiles à croix rouge ou d’artillerie passent sans discontinuer.
Le long de la route des bivouacs abandonnés, des chevaux morts. Toujours la pluie. A 4 heures on arrive à YPRES, bien abimée. Dans les rues d’énormes trous circulaires de marmites.
L’église, un petit chef d’oeuvre a reçu aussi. La route est de plus en plus encombrée, boueuse et noire. On forme le parc à deux ou trois kilomètres près d’un hôpital provisoire entouré de tombes fraîches. Il pleut toujours.
On part mettre en batterie vers 8 heures, pour relever une batterie Anglaise. Le canon tonne sans discontinuer en avant, a gauche et à droite. On arrive près de 2 ou 3 maisons entourées d’un lai de boue. C’est la plaie. Les Anglais s’en vont. 5 a 6 obus Allemands tombent sur nous avec fracas tuant ou blessant 5 hommes de la 9°.
Je prends la garde au poste, ce qui me permet de noter les impressions de cette journée terrible entre toute, la plus dure de celle que nous ayons traversé. Une fusillade terrible, des coups de canon.
Il est minuit, on s’endort quand même.

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Samedi 14 Novembre 1914 (99° jour) NORD

On débarque vers 9 heures à CASSEL. Des moulin à vent tournent sur la colline. Il fait à peu près beau. On nous paye le café au lait dans une petite ferme propre. En route à 10 heures, on traverse CASSEL puis toute une campagne pleine de moulins et de betteraves et plate à perte de vue.
On traverse des villages aux petites maisons bien alignées avec des volets verts peints à neuf. On cantonne à la nuit tombée dans une ferme isolée. On voit les lueurs du canon au loin. La nuit est glaciale.

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Vendredi 13 novembre 1914 (98° jour) SOMME

On part de ROLLOT à 9 heures 1/2. Un temps gris. Il pleut. Arrivée à midi à MOYENNEVILLE où on embarque.
Le train part à 4 heures du soir.
On s’installe par pièce dans des wagons à bestiaux où il y a de la paille. Nuit lugubre. Il fait froid et à chaque arrêt du train, on entend la pluie tomber sur le wagon.
On passe à MONTDIDIER, terminus, on commence à entrevoir la destination pour le nord.
A minuit on passe à ETAPLES et on se dirige vers BOULOGNE et CALAIS. La nuit est très noire, illuminée soudain par les feux tournants des projecteurs. Au petit jour SAINT OMER avec un vieux château fort dominant la ville, puis HAZEBROUCK. On croise des trains bondés de fantassins.
Il fait un peu soleil. On fume on chante. Une campagne plate couverte de betteraves et surtout les tertres des moulins à vent qui tournent rappelant sans l’égaler l’illustre Moulin de la Galette qui lui ne tourne plus depuis bien longtemps! que les têtes des Montmartroises.

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Jeudi 12 novembre 1914 (97° jour)

Nous revenons à la carrière surveiller les aéroplanes. On en tire un sans l’atteindre. Vers 10 heures on reçoit l’ordre de partir à 1 heure pour ROLLOT. Le lieutenant REAL quitte le commandement de la batterie.
A 1 heure départ. il pleut. Il fait froid. On arrive à ROLLOT à la tombée de la nuit. On boit solide avant de regagner à 10 heures notre lit de paille. Des passages continuels de troupes nous réveillent pendant la nuit.

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Mercredi 11 novembre 1914

Temps identique, même occupation.

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