Archive pour septembre, 1914

Dimanche 20 septembre 1914

On reste toute la matinée au bivouac. Vers 11 heures mise en batterie sur le plateau dominant MAREUIL que les Allemands ont quitté la veille. On tire beaucoup de coups de canon dans la journée et la fusillade redoublent pour s’arrêter tout à coup brusquement, à la nuit tombante.
Dans la nuit tranquille on repart occuper le même cantonnement que la veille.

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Samedi 19 septembre 1914

Départ à 5 heures, marche lente jusqu’à MERGUY où on s’arrête la majeure partie de la journée à regarder tomber la pluie et à attendre le ravitaillement. Nouveau départ dans la soirée pour MAREUIL où on s’arrête jusqu’à la nuit noire pour cantonner ensuite dans le village. Nos batteries ne tirent pas, mais avant garde se livre une bataille sérieuse à en juger par les détonations.
A minuit des coups de fusils partent encore non loin du village endormi.

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Vendredi 18 septembre 1914

Départ dans la nuit à 1 heure 1/4 du matin. On marche dans une nuit pluvieuse et noire sur la route qui traverse la forêt de COMPIEGNE. Au jour on débouche de la forêt on traverse l’OISE puis le canal de l’OISE qu’on longe jusqu’à un village (THOUROTTE) où se trouve concentrée la majeure partie des troupes du 13° corps.
A la sortie du village on traverse un espace découvert que crible tout à coup une batterie Allemande. Le capitaine tombe, la cuise traversée. Le cheval du lieutenant qui était à ses côtés est tué. Quelques noirs s’enfuient en complet désarroi jusqu’en haut de la côte les troupes se rassemblent, on s’arrête en plein champ, les chevaux attelés. On reste là jusqu’au soir à faire la cuisine et à regarder défiler les troupes nègres et les arbis.
Le soir on va se coucher dans la gare qui se trouve tout près.

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Jeudi 17 septembre 1914

Rien ne se produit, on repart au petit jour se dirigeant sur TRACY LE VAL. On croise le 36° et quantité d’autres régiments entre autres les troupes africaines, zouaves, tirailleurs et spahis sur leurs petits chevaux et leurs hautes selles en bois rouges. beaucoup de zouaves blessés remontent vers le village, au bord de la route qui monte à un immense plateau, un amas de chevaux éventrés. On bivouaque à côté d’une forêt remplie de faisans, tout près des troupes indigènes. Le soir on traverse une forêt, on repart en arrière de TRACY LE VAL mettre en batterie dans le parc d’un château sans tirer. souper aux pommes, bonnes bouteilles et repos dans la paille au milieu des fantassins.

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Mercredi 16 septembre 1914

Départ à 5 heures. On traverse le village pour aller remettre en batterie sous des pommiers un peu en arrière de la frontière occupée la veille. On n’y reste pas. On repart vers le village de BAILLY occupé par nous. Traversée d’un bois vers CARLEPONT pris par les zouaves, on reste en colonne sous les feux croisés de l’infanterie et de l’artillerie Française et Allemande. On repart vers BAILLY vers 5 heures. Demi tour en arrivant dans le village, on revient dans le bois écouter la canonnade dirigée sur les fantassins Allemand qui s’engagent à droite par 4 sur le front de BAILLY. Nous revennons à la nuit tombante occuper le village et y cantonner prêts à toute alerte.

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Mardi 15 septembre 1914

Réveil à 3 heures. Départ à ( heures seulement. On traverse une suite de villages en se rapprochant et s’éloignant tour à tour de COMPIEGNE. (On quitte la route à 4 km de COMPIEGNE). Grande halte à MONTMACQ puis on traverse la forêt. On en sort à SAINT-LEGER pour mettre en batterie tout près du village, nous tirons sur une batterie Allemande très éloignée (6 km). Repérés par une autre beaucoup plus proche nous recevons une salve d’obus suivie de beaucoup d’autres qui tombent juste sur nous.
On entend tomber les éclats tout autour et sur les pièces. Pas de blessé. Le feu des Allemands s’arrête à la nuit et on fait ramener les avant-trains pour aller cantonner dans le village.

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Lundi 14 septembre 1914

On se réveille à LIANCOURT dans l’OISE gare de débarquement. Tout s’effectue avec calme. Les carreaux de la gare routière sont en miettes preuve du récent passage des allemands. On commence une petite étape.
Halte à 6 km de LIANCOURT pour boire le jus à SACY LE GRAND. Puis on repart pour une longue étape qui dure toute la soirée arrivée à REMY où on cantonne. Les Prussiens sont passés il y a quelques jours. (De garde).

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Dimanche 13 septembre 1914

On passe dans un tas de petites gares. Partout ces mots magiques « Direction de PARIS ». Halte repas à la gare LES LAUMES ALESIA on boit le café, on s’approvisionne.
Le pays est toujours magnifique. On traverse la COTE D’OR puis l’YONNE, JOIGNY, TONNERRE, SENS, on passe à midi à MONTEREAU. L’enthousiasme est moins bruyant mais aussi profond. Il se manifeste de la même façon. On nous jette du tabac, des vivres, on nous apporte à boire aux stations de jolies filles, plus jolies même que celles de l’ALLIER ou de MONTEREAU, les mêmes nous envoient des baisers qui n’ont rien de forcés, baisers gracieux et souvenirs chers mais qui se perdent tout de suite; filons derrière la locomotive – MELUN – on approche de PARIS.
Tout à coup dans la brume la pointe de la TOUR EIFFEL.
Et puis on entre dans la banlieue on traverse CHAMPIGNY, NOGENT SUR MARNE, PANTIN.
Partout la même exaltation. Les palissades sont noires de monde. On acclame avec frénésie le casque prussien de ROBERT. Nous nous saoûlons tous d’enthousiasme. On s’arrête à la PLAINE SAINT-DENIS. Le SACRE COEUR de MONTMARTRE est tout proche. Comme on y serait vite.
Mais on repart presque aussitôt sans s’arrêter, on y reviendra…

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Samedi 12 septembre 1914

Dès le matin bruits de départ confirmés peu après.
A 1 heure on part vers EPINAL, on passe à 2 Km de la ville.
On marche jusqu’à DARNIEULLES où l’on embarque.
A 7 heures on part on se réveille au petit jour à DIJON dans une campagne admirable. On prend la direction de PARIS.

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Vendredi 11 septembre 1914

Encore la même situation et la même monotonie que la veille. Le pluie ne nous quitte pas, on patauge dans 20 cm de boue où les pattes des chevaux s’enterrent. La conversation s’aiguille sur PARIS et n’en bouge plus. Une nuit de pluie.

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